Les Laroche en Nouvelle-France

 

Quand on parle de l'origine étymologique du patronyme Laroche, inutile de préciser qu'il se rattache aux mots roche, rocher, montagne, château et forteresse.

Le premier Laroche dont il est fait mention dans l'histoire du Canada est Troilus LaRoche de Mesgouez. Il n'a toutefois pas laissé de descendant dans la vallée du Saint-Laurent. C'est lui qui, en 1598, était à l'origine de la tentative de colonisation de l'île de Sable, en Nouvelle-Écosse. Pour peupler sa nouvelle colonie, il fit appel à des prisonniers. Ce fut un échec, car il oublia, pendant quelque temps, de ravitailler sa colonie et le tout se termina en 1603 par le rapatriement des survivants. Quant à ce La Roche, il décéda en 1606.

Il y a plusieurs soldats qui avaient adopté comme patronyme celui de Laroche. L'historien Marcel Trudel cite deux soldats du régiment de Carignan-Salières qui s'appelaient Laroche. Tout d'abord, notre ancêtre, Michel Laroche dit Rognon, natif de St-Germain l'Auxerrois de Paris. Le 14 septembre 1670, il épousa à Québec Maguerite Lamain, de St-Vivien de Rouen, en Normandie. Elle sera la mère de six enfants, qui verront le jour à Neuville. L'autre soldat avait comme nom Laroche de Pérat. Peut-être est-il la personne qui décède à Trois-Rivières en septembre 1667?

En banlieue de Trois-Rivières, le 18 août 1652, Mathurin Guillet dit Laroche, est tué par les Iroquois. Il était l'époux de Catherine Saint-Père qui se remariera quatre ans plus tard avec Nicolas Rivard. Aucun enfant n'était né de cette union. Il y a Jean Lemercher dit Laroche ou Desroches. Il était l'époux de Catherine Hureau. Selon l'historien Marcel Trudel, le couple aurait eu cinq enfants lors du recensement de 1666. Mais René Jetté ne parle pas de ce personnage dans son dictionnaire. Lemercher dit Laroche a reçu des Jésuites en 1665 la concession d'une terre à Charlesbourg.

Joseph Laroche d'Aillon n'aurait pas laissé de descendant. C'était un missionnaire récollet originaire de l'Anjou. On le trouve dans la colonie en 1625. Il travaillera à évangéliser les Amérindiens Hurons et Neutres. C'est lui qui rédige, en mai 1629, la première page du registre de la paroisse Notre-Dame de Québec. Il retourne en France quelques mois plus tard et il y décède en juillet 1656.

La présence de Jean Laroche ou Roche né vers 1648, est signalée à La Prairie au mois d'avril 1678. Il était soldat dans la Compagnie de Desbergères. Il est le fils de Robert Laroche et de Jeanne Bouillon. Cinq ans plus tard à Montréal, le 19 juillet 1683, il épouse Marie-Madeleine Lereau, la fille de Simon Lereau ou Leureau et de Suzanne Jaroussel. Elle est âgée de treize ans et neuf mois. Elle sera la mère de quatorze enfants, dont sept filles. Six enfants se sont marié et au moins trois sont morts en bas âge. Jean Laroche est décédé à l'Hotel-Dieu de Montréal le 31 mai 1706

Un autre Jean Laroche, né en France du mariage de Jean Laroche et de Antoinette Larose, originaire de Chef Boutonne, Potier, en Poitou, épousa Suzanne Fortin le 29 octobre 1723, à Montréal. Elle était la fille d'Alexandre Turpin et de M.-Marguerite Gauthier, Nous avons identifié neuf enfants de ce couple, qui se sont tous mariés.

Michel-François Laroche dit Lafontaine, le fils de Nicolas Laroche et de Michelle Clavier, était originaire de Saint-Venant de Bellan-Miré, en Touraine. Au mois de février 1688, il s'engage à épouser Marie-Anne Bisson, la fille de Gervais Bisson et de Marie-Madeleine Boutet. La nouvelle mariée a alors 16 ans. Elle donnera naissance à dix enfants, soit quatre garçons et six filles.

Deux des enfants d'Innocent Laroche et de Marguerite Quoy émigrent en Nouvelle-France. La présence d'Innocent Laroche fils est signalée à Portneuf lors du recensement de 1681. Il travaille alors comme domestique chez René Robineau de Bécancour, le seigneur de la place. À Neuville, en 1689, il unit sa destinée à celle de Marie Arbour, la fille aînée de Michel Arbour et de Marie Constantineau. Elle doit avoir environ 17 ans. Ses onze enfants naîtront à Neuville. François Laroche, le frère d'Innocent, épouse à Neuville, le 14 février 1695, Marie-Françoise Matte, fille de Nicolas Matte et de Madeleine Auvray, une fille du roi. Elle vient d'avoir ses 20 ans. Elle donnera le jour à douze enfants, dont huit filles.

Pierre Laroche dit Larose, un Limousin qui était un soldat de la compagnie de Saint-Martin, originaire de Guéret et fils de Pierre Laroche et de Jeanne Doria, habitait Saint-Bonaventure, dans Charlesbourg. À ce dernier endroit, le 20 février 1708, il unit sa destinée à celle de Marguerite Valade. Elle était la fille de Guillaume Valade et de Françoise Ancelin. Ils eurent cinq enfants dont trois sont décédés en bas âge.

Il faut voir aussi ceux dont le dit était Laroche. Il y a André Albert dit Laroche, qui n'a pas laissé de descendant. Il venait de l'île d'Oléron et, à Québec le 21 octobre 1669, il se marie avec Anne Goiset, la veuve de Michel Laplace. 

Plus intéressant est le cas d'Amable Breillard dit Laroche. Le généalogiste Michel Langlois, dans le premier tome de son tout récent dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), écrit qu'il était le fils de Daniel Breillard et de Jeanne de Courtin, de Chauray, en Poitou. Le 13 février 1687, à Batiscan, il épouse Marie Lafond, fille de Jean Lafond et de Catherine Sénécal. Après avoir vécu quelque temps à Batiscan, il déménage à Québec. En 1706, la famille, qui compte alors six enfants (un était mort deux mois après sa naissance), retourne à Batiscan où le couple donne naissance à quatre autres enfants. Ses fils s'appelleront Breillard dit Laroche. D'autres ont laissé tomber le patronyme Breillard pour ne plus s'appeler que Laroche.

Il y a eu un Sébastien Brisson dit Laroche. Il est né à Bordeaux. En 1700, il fait un enfant à Marie Bruneau et, neuf ans plus tard, il se marie avec Catherine Pillat, une veuve qui était dans la soixantaine. À la suite de son décès, il se remarie avec une autre veuve, Marie-Marguerite Rivière, qui sera la mère d'un garçon, Mathurin.

François Carré dit Laroche venait de Nevers. C'était un soldat de la compagnie de Saint-Ours. Le 11 juin 1706, il prend Marie-Anne Olivier comme épouse. Cette dernière lui donnera quatre enfants. Quelques mots sur Barthélémi Coton dit Laroche. Il était originaire de Briançon, en Dauphiné. C'était un chapelier qui, en septembre 1691, épouse à Québec Jeanne Lerouge. Ils auront six enfants. En 1702, il emménage au village Saint-Jérôme de l'Auvergne à Charlesbourg. Michel Langlois reproduit sa signature : il n'y a que le nom Coton. Point de Laroche.

D'autres dit Laroche : Bernard Dumouchel dit Laroche, de Rouen, qui se marie avec Jeanne Juin ; le soldat Jean Girard dit Laroche, un soldat qui ne semble pas s'être marié ; Jean Maillot dit Laroche, un Poitevin qui se mariera deux fois, une première fois avec Roberte Péladeau et une seconde avec Marie Courault, et qui sera le père de treize enfants.

François Picard dit Laroche, un autre Poitevin mariera une Picard, prénommée Geneviève. Aucun enfant ne naîtra de cette union. À la suite du décès de Geneviève, François Picard, qui était un brasseur et un aubergiste, se remarie avec Françoise Baudry qui était alors âgée d'environ 65 ans. Selon les recherches de l'historien Raymond Douville, Picard dit Laroche décède en avril 1743 et il portait surtout le nom de Laroche.

Un Saintongeais dont le nom est François Poitevin dit Laroche épouse à Québec en 1716 Marie-Catherine Lesieur ou Lesueur. Onze ans plus tard, il se remarie avec Marie-Josette Houé. Quatre enfants étaient issus de la première union.

Enfin, Philippe-Antoine de Raynaud, sieur de LaRoche, marquis de Grandval, est un lieutenant dans les troupes de sa Majesté qui, à Québec, en 1729, épouse Anne-Thérèse Minet. Ils eurent une fille qui est décédée à l'âge de deux ans

Une grande partie de ce texte provient de "l'Histoire des Familles Laroche" de M. Jacques Lacoursière, publiée dans "Nos Ancêtres d'origine européenne".

 

Site de l'Association des familles Laroche et Rochette inc.